APA à domicile : conditions, montants par GIR et démarches de demande en 2026
APA à domicile 2026 : qui peut en bénéficier, quels plafonds par GIR, comment calculer votre reste à charge et déposer votre dossier auprès du conseil

L'APA à domicile est une allocation versée par le conseil départemental aux personnes de 60 ans et plus en perte d'autonomie (GIR 1 à 4). Elle finance un plan d'aide personnalisé couvrant l'auxiliaire de vie, l'adaptation du logement ou la téléassistance. Le plafond mensuel est de 700 € en GIR 4 (pour-les-personnes-agees.gouv.fr, janvier 2026), avec une participation du bénéficiaire calculée selon ses ressources.
L'APA aide à domicile finance concrètement les dépenses qui permettent à une personne âgée en perte d'autonomie de continuer à vivre chez elle : auxiliaire de vie, matériel d'adaptation, téléassistance ou portage de repas. Cette allocation, attribuée par le conseil départemental, est ouverte à toute personne de 60 ans et plus classée en GIR 1 à 4, sans condition de ressources. Son montant varie selon le degré de dépendance et les revenus du bénéficiaire. Le plafond mensuel du plan d'aide atteint 700 € pour un GIR 4 (pour-les-personnes-agees.gouv.fr, janvier 2026). Ce qui suit détaille le calcul de la participation restant à votre charge, les démarches pour obtenir l'aide, et les pièges à éviter une fois le plan d'aide en place.
Ce que finance réellement l'APA à domicile
L'APA à domicile ne verse pas une somme d'argent libre d'emploi. Elle finance exclusivement les dépenses inscrites dans un plan d'aide personnalisé, défini après évaluation de la perte d'autonomie par l'équipe médico-sociale du conseil départemental. Ce plan liste les prestations et équipements jugés indispensables au maintien à domicile.
Les dépenses couvertes relèvent de plusieurs catégories. L'aide humaine constitue le poste principal : rémunération d'un auxiliaire de vie, d'un service d'aide à domicile ou d'un accueillant familial. Le matériel d'adaptation du logement entre également dans le plan : barres d'appui, siège de douche, monte-escalier, ou encore lit médicalisé. La téléassistance et le portage de repas peuvent aussi être intégrés au plan d'aide, de même que certaines actions de prévention de la perte d'autonomie.
En revanche, les soins médicaux et paramédicaux sont exclus du périmètre de l'APA. Ils relèvent de l'Assurance maladie, des mutuelles ou d'autres dispositifs comme la Prestation de compensation du handicap (PCH). Une dépense non prévue au plan d'aide signé ne sera pas prise en charge par l'APA, même si elle paraît utile au confort quotidien de la personne. Avant d'engager une dépense importante, mieux vaut solliciter un avenant au plan d'aide auprès du département.
Aide humaine : auxiliaire de vie et services à domicile
L'aide humaine absorbe la plus grande part des plans d'aide APA. Elle recouvre l'intervention à domicile d'un auxiliaire de vie pour les actes essentiels du quotidien : toilette, habillage, repas, lever et coucher. Le bénéficiaire peut recourir à un service d'aide à domicile agréé (mode prestataire), employer directement un salarié (mode emploi direct) ou passer par un organisme mandataire qui gère les formalités administratives. Le choix du mode d'intervention détermine le coût horaire facturé et donc le nombre d'heures que le plafond mensuel du plan d'aide permet de financer. Le tarif horaire de l'aide à domicile varie selon les départements et les organismes, ce qui rend indispensable une comparaison locale avant de signer un contrat.
Matériel et adaptation du logement financés par l'APA
Le plan d'aide APA peut intégrer l'achat ou la location de matériel destiné à compenser la perte d'autonomie : fauteuil releveur, déambulateur, lit médicalisé, matériel de transfert. L'adaptation du logement est également finançable : installation d'une douche de plain-pied, élargissement des portes pour le passage d'un fauteuil roulant, pose de barres d'appui dans les sanitaires. Ces dépenses sont évaluées par l'équipe médico-sociale lors de la visite à domicile. Le financement peut couvrir tout ou partie du coût, dans la limite du plafond mensuel du plan d'aide. Pour les travaux lourds, le plan peut prévoir un étalement du financement sur plusieurs mois ou un versement ponctuel.
Téléassistance et portage de repas : ce qui entre dans le plan d'aide
Deux services complémentaires figurent fréquemment dans les plans d'aide APA : la téléassistance et le portage de repas. La téléassistance consiste en un abonnement mensuel à un dispositif d'appel d'urgence (médaillon, bracelet, détecteur de chute) relié à une plateforme d'écoute 24h/24. Le portage de repas assure la livraison à domicile de repas adaptés aux besoins nutritionnels de la personne âgée. Ces deux prestations entrent dans le plafond du plan d'aide au même titre que les heures d'aide humaine. Leur intégration au plan doit être validée par l'équipe médico-sociale qui évalue leur caractère indispensable au maintien à domicile.
Ce que l'APA ne finance pas (soins médicaux, dépenses non prévues au plan)
L'APA ne couvre ni les soins infirmiers, ni les actes médicaux, ni la kinésithérapie, ni les médicaments. Ces prestations relèvent de l'Assurance maladie obligatoire et des complémentaires santé. Les frais d'hébergement en établissement médicalisé ne sont pas non plus pris en charge par l'APA à domicile. La personne qui bascule vers un EHPAD doit déposer une nouvelle demande d'APA en établissement. Autre exclusion notable : toute dépense engagée hors du plan d'aide signé reste intégralement à la charge du bénéficiaire. L'achat d'un équipement non listé, même utile au confort, ne sera pas remboursé. La modification du plan nécessite un avenant validé par le conseil départemental.
Qui peut bénéficier de l'APA à domicile ? Conditions d'accès
Trois conditions cumulatives ouvrent droit à l'APA à domicile. Elles sont définies par le Code de l'action sociale et des familles (articles L.232-1 et suivants) et s'appliquent sur l'ensemble du territoire.
Aucune de ces conditions n'est liée au patrimoine ou aux revenus. Contrairement à une idée répandue, l'APA est attribuée indépendamment des ressources du demandeur. La participation financière du bénéficiaire au plan d'aide sera certes modulée selon ses revenus, mais l'ouverture du droit elle-même ne dépend pas d'un plafond de ressources.
Pour en savoir plus sur les conditions précises pour bénéficier de cette aide, vous pouvez consulter notre article sur les conditions pour bénéficier de l'APA.
Une condition implicite pèse toutefois sur la résidence : les personnes de nationalité étrangère doivent justifier d'un titre de séjour régulier en France, à l'exception des ressortissants de l'Union européenne, de l'Espace économique européen et de la Suisse. Les sans-abri, bien que remplissant la condition de résidence en France, ne peuvent pas bénéficier de l'APA à domicile puisqu'ils n'ont pas de domicile où mettre en œuvre le plan d'aide. Leur situation relève d'autres dispositifs d'action sociale.
Pour approfondir ces critères d'éligibilité, consultez notre article détaillant toutes les conditions d'éligibilité à l'APA.
Condition d'âge : 60 ans et plus
L'APA est réservée aux personnes âgées de 60 ans révolus. Cette condition est appréciée au jour du dépôt de la demande : inutile d'attendre la date anniversaire pour constituer le dossier, mais la décision d'attribution ne pourra prendre effet avant les 60 ans. Les personnes de moins de 60 ans en perte d'autonomie relèvent de la Prestation de compensation du handicap (PCH), gérée par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Cette distinction entre APA (60 ans et plus) et PCH (moins de 60 ans) structure l'offre publique de compensation de la perte d'autonomie en France.
Condition de résidence : domicile, accueil familial, résidence autonomie
Le bénéficiaire doit résider en France de façon stable et régulière. Le domicile s'entend au sens large : il peut s'agir du logement personnel (dont le bénéficiaire est propriétaire ou locataire), d'un hébergement chez un proche, d'un accueil familial agréé ou d'une résidence autonomie (ex-logement-foyer). Les résidences services seniors ouvrent également droit à l'APA à domicile, dès lors que la personne y dispose d'un logement indépendant. Les personnes résidant temporairement à l'étranger ou dans un département d'outre-mer doivent signaler ce changement de situation au conseil départemental, qui pourra suspendre ou réviser l'allocation.
Condition de perte d'autonomie : GIR 1 à 4 uniquement
Seuls les quatre premiers groupes de la grille nationale AGGIR (GIR 1 à 4) ouvrent droit à l'APA. La perte d'autonomie est évaluée par l'équipe médico-sociale du conseil départemental lors d'une visite à domicile. Cette évaluation repose sur une observation des capacités de la personne à accomplir les actes essentiels de la vie quotidienne : se laver, s'habiller, se nourrir, se déplacer, utiliser les toilettes, assurer sa continence. Les personnes classées en GIR 5 ou 6 ne peuvent pas prétendre à l'APA. Elles peuvent en revanche solliciter d'autres aides, comme celles des caisses de retraite (CARSAT, MSA) ou des centres communaux d'action sociale (CCAS).
Aucune condition de ressources pour l'ouverture du droit
L'APA est attribuée sans considération de revenus ni de patrimoine. Un bénéficiaire aux revenus élevés peut parfaitement ouvrir un droit à l'APA : il percevra une allocation réduite, voire symbolique, mais le principe de l'éligibilité est acquis. Cette absence de condition de ressources constitue une différence majeure avec l'Aide sociale à l'hébergement (ASH), laquelle est soumise à un plafond de ressources et à une obligation alimentaire des descendants. Les ressources du demandeur n'interviennent qu'au stade du calcul de la participation financière au plan d'aide. Pour comprendre comment vos revenus impactent le montant perçu, notre article sur les ressources prises en compte pour le calcul de l'APA détaille cette mécanique.
La grille AGGIR : comprendre les GIR pour estimer votre APA
La grille nationale AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupe Iso-Ressources) est l'outil de référence pour mesurer la perte d'autonomie. Elle évalue dix-sept variables relatives à la capacité physique et mentale d'une personne âgée : cohérence, orientation, toilette, habillage, alimentation, élimination, transferts, déplacements intérieurs et extérieurs, communication à distance. Le résultat de cette évaluation classe la personne dans l'un des six groupes iso-ressources, du GIR 1 (dépendance la plus lourde) au GIR 6 (autonomie complète).
L'enjeu est simple. Le GIR détermine l'éligibilité à l'APA (GIR 1 à 4) et le plafond du plan d'aide. Plus le GIR est bas, plus la dépendance est forte, plus le plafond est élevé. Le GIR 4 constitue le seuil d'entrée dans le dispositif. Il correspond à une dépendance légère mais suffisante pour justifier un plan d'aide.
L'évaluation AGGIR n'est pas un autodiagnostic. Elle est conduite par un professionnel médico-social (médecin, infirmier, travailleur social) lors d'une visite à domicile. La grille analyse ce que la personne fait réellement, pas ce qu'elle pourrait faire théoriquement. Cette distinction, dite « faire / pouvoir faire », évite de sous-estimer des difficultés masquées par des stratégies d'adaptation.
GIR 1 et 2 : personnes très dépendantes
Le GIR 1 désigne les personnes confinées au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales sont gravement altérées et qui nécessitent une présence continue d'un tiers. Le GIR 2 regroupe deux profils : les personnes confinées au lit ou au fauteuil dont les fonctions mentales ne sont pas totalement altérées, et les personnes dont les fonctions mentales sont altérées mais qui conservent une capacité de déplacement. Dans les deux cas, l'aide humaine est indispensable pour la quasi-totalité des actes quotidiens. Ces deux groupes bénéficient des plafonds de plan d'aide les plus élevés, qui permettent de financer un nombre d'heures d'aide à domicile conséquent, souvent supérieur à 100 heures par mois selon les départements.
GIR 3 et 4 : dépendance modérée
Le GIR 3 correspond aux personnes ayant conservé leur autonomie mentale et partiellement leur autonomie locomotrice, mais qui requièrent une aide quotidienne pour les soins corporels. Le GIR 4 recouvre deux situations : les personnes sans difficulté de locomotion qui doivent être aidées pour les activités corporelles et les repas, et les personnes ayant des difficultés de déplacement sans besoin d'aide pour les transferts. Ces deux groupes sont éligibles à l'APA avec des plafonds intermédiaires. Le plafond est fixé à 700 € par mois pour le GIR 4 (pour-les-personnes-agees.gouv.fr, janvier 2026). Le plafond du GIR 3, supérieur, permet de couvrir un volume d'heures d'aide à domicile plus important.
GIR 5 et 6 : autonomie suffisante, pas d'APA
Le GIR 5 rassemble les personnes autonomes dans leurs déplacements mais nécessitant une aide ponctuelle pour la toilette, la préparation des repas et l'entretien du logement. Le GIR 6 concerne les personnes autonomes pour l'ensemble des actes essentiels de la vie courante. Ni l'un ni l'autre n'ouvrent droit à l'APA. Ces personnes peuvent néanmoins solliciter des aides au maintien à domicile auprès de leur caisse de retraite (CARSAT, MSA) ou du centre communal d'action sociale (CCAS). Certaines mutuelles et assurances proposent également des forfaits aide à domicile en cas de perte d'autonomie débutante. Les aides existent, mais elles ne relèvent pas du dispositif APA.
Montant de l'APA à domicile : plafonds par GIR et reste à charge
Le montant de l'APA perçu chaque mois n'est pas un forfait fixe. Il résulte d'un calcul en deux temps. Premier temps : le plan d'aide fixe un montant mensuel de dépenses autorisées, dans la limite du plafond réglementaire correspondant au GIR du bénéficiaire. Second temps : une participation financière est déduite de ce montant, laissant un reste à charge plus ou moins important selon les ressources.
Pour une explication détaillée du calcul et du reste à charge, il est utile de se référer aux informations sur l'APA à domicile : montant, calcul et reste à charge 2026.
Le plafond mensuel maximal des dépenses du plan d'aide en GIR 4 est de 700 € par mois (pour-les-personnes-agees.gouv.fr, 30 janvier 2026). Les plafonds des GIR 1, 2 et 3 sont proportionnellement plus élevés, le barème complet étant fixé par arrêté ministériel et révisé périodiquement. Pour connaître les plafonds mensuels de l'APA par GIR, notre article dédié en détaille l'évolution récente.
⚠️ Attention : le plafond du plan d'aide n'est pas le montant versé. L'APA couvre la différence entre le montant du plan d'aide utilisé et la participation du bénéficiaire. Si le plan prévoi
Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.
Guides complémentaires
Résidence senior : 4 critères d'admission à connaître
Âge, niveau d'autonomie, revenus, situation familiale : découvrez toutes les conditions pour être admis en résidence senior et préparer un dossier solide
Par Sarah Aubert · 28 septembre 2026
Revenu résidence senior 2026 : seuils d'accès, aides et cas
Quel revenu faut-il pour vivre en résidence senior en 2026 ? Seuils d'accès, aides mobilisables (APL, ASH, APA) et reste à charge réel expliqués
Par Sarah Aubert · 23 septembre 2026
